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Budget parisien : responsabilité écologique et renforcement de l’effort social

Comme le gouvernement, Paris devrait renoncer aux grands projets inutiles pour concentrer son effort budgétaire en direction des vrais besoins des Parisiens : le logement, les déplacements, l’aide aux plus démunis et entamer sa transition écologique.

Notre-Dame-des-Landes est un symbole. Celui des grands projets inutiles. Cet aéroport est non seulement inutile, c’est aussi une aberration écologique : il détruit la biodiversité dans de vastes espaces naturels, imperméabilise les sols, détruit des terres agricoles et porte atteinte à la souveraineté alimentaire et aux producteurs locaux.

C’est donc un effort budgétaire mal orienté de l’Etat qui prévoit d’y engloutir 140 millions d’euros (et qui nous engage dans un partenariat public privé, alors même que l’on connaît le coût faramineux de ces partenariats qui sont finalement supportés par les générations futures).

L’EPR de Flamanville est un autre exemple de l’argent public mal employé : son coût final – de dérives financières en dérives financières – pourrait atteindre 8 milliards d’euros, avant même d’avoir produit le moindre kilowatt/heure. 8 milliards !  C’est à dire, la totalité du budget de Paris.

A cela s’ajoute d’autres dépenses absurdes ou inutiles de l’Etat comme la ligne ferroviaire Lyon-Turin, ou la LGV ou encore la route littorale réunionnaise qui pour 1,6 milliard d’euros va porter une atteinte grave à l’exceptionnelle biodiversité locale, alors qu’une liaison ferroviaire serait bien mieux adaptée. Tous ces projets ont en commun leur forte empreinte environnementale.

De son coté, notre collectivité – ville et département – n’est pas en reste. Alors même que l’Etat ne verse pas ce qu’il lui doit pour l’APA ou l’aide à la pierre, elle est, elle-même engagée dans un certains nombre de projets qui ne correspondent pas à l’urgence que ressentent les Parisiens : le logement, les déplacements, la petite enfance et la lutte contre la précarité.

Pour sa part, la ville devrait renoncer à ses propres grands projets inutiles comme  le centre commercial qu’elle construit pour Unibail aux Halles pour un milliard d’euros, ou le stade Jean Bouin pour près de 200 millions d’euros. Ou encore elle pourrait refuser de cofinancer les projets l’Etat sur son territoire comme la salle philarmonique.

Tous ces projets ne correspondent en rien à l’exigence de responsabilité écologique et au nécessaire renforcement de l’effort social face à la monté du chômage et de l’exclusion.

Nos politiques publiques devraient être orientées vers la satisfaction des besoins urgents, nos choix d’investissement être évalués et décidés en fonction de leur utilité sociale et de leur empreinte écologique.

Alors qu’à Doha, les Etats n’ont pas été à la hauteur de la situation et au moment où la Banque Mondiale elle-même tire la sonnette d’alarme sur les émissions de gaz à effet de serre, il est temps d’amorcer la bifurcation.

Les grands projets inutiles de l’Etat induisent des choix budgétaires dont les conséquences sont dramatiques. Mais ce n’est pas tout. De plus, ils entrainent une baisse des dotations versées aux collectivités territoriales.

Paris connaît de plus en plus de difficultés à mobiliser des financements pour compenser l’absence de moyens accordés par l’Etat pour l’aide à la pierre, ou l’aide aux mineurs isolés étrangers et pour faire face aux conséquences de la TVA sociale décidée par le gouvernement.

L’effort de péréquation auquel est soumis notre collectivité est légitime. Certes, celle-ci devrait être mieux réparties : les Hauts-de-Seine et les Yvelines être mises à contribution à la hauteur des efforts que l’on demande à Paris. Mais souhaiter une mise en commun des budgets municipaux des quelque 200 communes qui devraient composer le grand Paris, comme nous le souhaitons, et tergiverser sur la nécessaire solidarité avec notre voisinage relève d’une contradiction qu’il faudra expliquer.

Enfin, outre demander à l’Etat de renoncer aux grands projet inutiles – pour mener un politique sociale à la hauteur des enjeux de la crise -, les écologistes souhaitent que les entreprises soient mieux mises à contribution.

Au budget primitif 2013, le produit de la Cotisation foncière des entreprises (qui remplace en partie la taxe professionnelle) est de 291 millions d’euros.

Des villes comme Bordeaux, Marseille et Lyon prélèvent la Cotisation foncière des entreprises respectivement à hauteur de (35%), (32%) et (27%). La Ville de Paris applique un taux de 16,5 %,. Elle dispose donc d’une importante marge de manœuvre.

Confronté à des difficultés budgétaires grandissantes, et compte tenu de la double nécessité  d’entamer une transition écologique tout en faisant face aux urgences sociales, nous devons adapter notre politique fiscale.

Voilà quelques pistes qui, en s’ajoutant à d’autres innovations environnementales que les écologistes développeront demain dans le cadre du débat sur le plan climat, dessine le Paris demain. Un Paris responsable vis à vis des générations futur et engagé, au coté, des Parisiennes et des Parisiens et en particulier des familles et de personnes isolées qui souffrent de la crise que nous connaissons.

 

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