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Municipales : à Paris, comme ailleurs, ayons confiance en nos valeurs

Le Conseil parisien d’Europe Écologie-Les Verts Paris vient d’arrêter la date de notre prochaine Assemblée générale. Ce sera le 23 février 2013. Plus d’un an avant les élections municipales de mars 2014, cette AG sera l’occasion d’un débat constructif sur la meilleure stratégie à tenir.

L’échéance étant fixée, entrons donc de plain pied dans ce débat – qui, du reste, n’a pas attendu cette date pour animer les discussions entre les militant-e-s Parisien-ne-s. Des opinions s’expriment, les voies diffèrent, chacun pèse les enjeux. Deux principales stratégies s’offrent à nous : l’autonomie ou l’union, dès le premier tour, avec le Parti socialiste. Le débat est bien entendu légitime, mais…

Depuis 11 ans, en tant que maire, j’ai pu le constater : les différences qui nous séparent de notre partenaire principal de la majorité sont nombreuses et elles font sens. Elles clivent notre vision de l’urbanité et du futur de la planète ; de l’ici et de demain. Certes, les convergences existent qui justifient notre gestion commune. Et du reste, notre partenaire a évolué, nous avons réussi à bouger les lignes. Et si nous n’avons pas – encore ! – de majorité politique, sur bien des points, nous gagnons peu à peu la majorité culturelle parisienne : lutte contre les pollutions, plan climat, déplacements, économie de proximité, biodiversité en ville, alimentation, etc…

Pourtant, je n’oublie pas ce qui nous divise. En 2002, je me souviens que nos partenaires de gauche s’étaient alliés à la droite pour refuser que les élèves puissent bénéficier d’une alimentation biologique dans les restaurants scolaires. Selon eux, à l’époque, je faisais de ces enfants des « cobayes ». Aujourd’hui, les cantines du 2e arrondissement servent des repas à 70% bio et tout le monde s’en félicite.

Cela, bien sûr, est donc derrière nous. Cependant, les sujets de frictions n’ont pas manqué dans cette mandature. Notre poids politique au sein de la majorité ayant été fortement réduit à l’issue des municipales de 2008, nos partenaires ont repris leur mauvaises habitudes et n’ont pas manqué de remarquer qu’ils n’avaient plus besoin de nous pour avancer, droits dans leur bottes.

Cette politique se résume aujourd’hui en un slogan : « oser Paris ». Dans la bouche d’Anne Hidalgo et de Bertrand Delanoë, les réalisations de leur second mandat ont été justifiées par une vision de Paris élitiste, structurée par quelques projets phares. Ils ont osé des extravagances dont Paris se serait bien passée. La Canopée des Halles, l’extension de Roland-Garros, le musée LVMH dans le bois de Boulogne, la rénovation du stade Jean Bouin, la construction de l’auditorium de la philharmonie, et aujourd’hui la tour triangle… autant de réalisations et de projets colossaux qui ont monopolisé tant d’énergie et d’argent qu’ils ont été menés au détriment de la transformation de nos quartiers. Et qui, pour s’imposer, ont dû faire fi de la démocratie participative et de l’avis des conseils de quartier. Et quand une réalisation inspirée du programme écologiste, comme Vélib’, est déclinée, c’est pour en faire un projet qui remet de la voiture en Ville, les fameuses Autolib.

Je ne cherche pas à dresser un bilan à charge de la majorité sortante. Paris ne sera, en 2014, plus la même qu’en 2008. La lutte contre l’habitat insalubre, la construction de logements sociaux et de crèches, l’aménagement de la place de la République et des voies sur berges (malgré leurs limites) sont des politiques qui vont dans la bonne direction et contribuent à améliorer la vie des Parisiennes et des Parisiens. Mais je reste persuadé que nous aurions pu faire mieux. Sans les grands projets inutiles, combien de quartiers auraient pu faire l’objet d’une profonde rénovation et se voir équipés de plus de crèches et de logements sociaux ?

La place des piétons et l’utilisation de l’espace public en général sont des sujets dont l’ampleur est trop souvent sous-estimée dans le débat politique parisien. Une politique plus ambitieuse dans ce domaine est pourtant la clé du lien social. Paris pourrait être une capitale plus conviviale, plus vivable, moins polluée, plus égalitaire. Nous devons penser la métropole pour ses habitants plutôt que comme une capitale dont l’objectif premier est de « tenir toute sa place à l’échelle de la planète » comme le définit le projet d’Anne Hidalgo.

Vous l’aurez compris, pour moi la question d’une alliance de premier tour ne se pose pas. Il me semble évident de porter nos valeurs, de défendre notre vision de l’avenir de Paris. Nous nous battons pour une capitale dans laquelle chacun ait sa place, accessible à tous, motrice d’alternatives mondiales, entamant sa transition écologique. Continuons. Ayons confiance en nous, les Parisiennes et Parisiens nous feront confiance.

 

 

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