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Le grand incinérateur d’Ivry n’a pas une gueule d’atmosphère

ivryLe Syctom, l’agence métropolitaine en charge du traitement des déchets ménagers de Paris et de 83 communes franciliennes  ne doit pas voter le méga projet d’incinérateur d’Ivry-Paris 13, incohérent avec les politiques de réduction des déchets et rejeté par le conseil municipal d’Ivry le 20 octobre 2016. Le tout incinération nuit à la santé des riverains et de la planète !

Un nouveau grand projet inutile aux portes de Paris ? Les travaux de reconstruction de l’incinérateur d’Ivry pourraient bien faire partie de la longue liste des chantiers d’un autre temps, poussés par de puissants lobbys. Vieux de plus de dix ans, ce projet souffre du syndrome Notre-Dame-des-Landes : les temps ont changé mais on persiste dans l’épure initiale car les décideurs historiques ne doivent ni perdre la face ni avoir eu tort.

Le nouvel incinérateur d’Ivry-Paris 13, dont la première tranche de travaux doit être votée par le conseil syndical du Syctom de fin novembre, est devenu complètement surdimensionné. Configuré pour incinérer 350 000 tonnes de déchets par an, le projet de reconstruction ne tient pas compte des politiques de réduction et de recyclage que mènent la plupart des communes du bassin versant, en particulier Paris.

Comme les Concordes qui devaient relier Nantes à l’Amérique, brûler massivement des déchets est une idée issue du siècle dernier. C’est même devenu un contre-modèle, nuisible pour la qualité de l’air (donc notre santé), participant au réchauffement climatique et détournant les déchets d’une valorisation au sein de filières plus vertueuses, comme la production de méthane ou d’engrais. Au moment où nous nous orientons vers la réduction drastique de la production des déchets à la source et où au lieu de gaspiller et de brûler, nous réduisons, réemployons, recyclons.

Ce mouvement, de réduction des déchets, largement entamé à Paris, notamment grâce au travail de conviction des écologistes, se concrétise sur le territoire parisien. Création de recycleries-ressourceries dans chaque quartier, implantation de bornes Trilib’ sur la voie publique pour encourager le tri, collecte des déchets alimentaires de cuisines des particuliers en porte à porte (en 2017 dans les 2e et 12e arrondissements)… autant d’initiatives qui ont pour cible le « zéro déchet » adopté par Paris, et qui rendent obsolète ce méga incinérateur.

Paradoxe : l’exécutif parisien qui dit redouter un « sous dimensionnement qui pourrait nous conduire à terme à avoir recours à l’incinération privée », soutient le projet du Syctom. Ce faisant, il jette un doute sur la réussite de sa propre politique.

Or, tout comme la multiplication des autoroutes augmente le volume du trafic automobile, plus la capacité d’incinération est grande, moins les politiques de réduction des déchets sont efficaces. Pour le collectif qui propose le projet alternatif plan B’OM (comme plan B Ordures ménagères), l’orientation tout-incinération « entrave la mise en œuvre de pratiques respectueuses des ressources de la planète contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique et soucieuse de la qualité de l’air. »

Le projet de nouvel incinérateur doit être redimensionné pour s’adapter à cette réalité. La crise climatique, la pollution de l’air et les dangers du consumérisme sont devenus des évidences dont les politiques publiques, pour être cohérentes, doivent tenir compte.

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