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La transition écologique, c’est pas maintenant

Au sortir de la Conférence environnementale, Cécile Duflot  s’est dit « réellement émue » par le discours « historique » du « grand dirigeant politique » François Hollande. Elle nous pardonnera de ne pas partager la même émotion. Car il n’y a pas vraiment de quoi se pâmer. Certes, il faut se réjouir des quelques avancées, mais au final, le bilan est mince. Et les oublis sont criants.

La taxe carbone ne sera pas mise en œuvre. Sauf si un jour elle est décidée au niveau européen. Une taxe carbone aux frontières de l’Europe est un bon outil pour lutter contre le dumping écologique des produits importés. Mais sa mise en place effective risque de prendre… un certain temps. Une décision unilatérale de la France aurait montré une réelle volonté d’aboutir. Il faudra donc patienter.

Sur la PAC : même déception. Le président de la République a bien prononcé le mot « agriculture biologique ». Mais sans objectif chiffré. Le Grenelle de l’environnement avait fixé à 20% en 2012 les surfaces cultivées en bio. On atteint tout juste 3,5%. Comment on accélère la manœuvre ? En maintenant la cogestion FNSEA-Etat sur la politique agricole française ? Difficile à croire.

Sur le nucléaire, le président confirme que le candidat Hollande tiendra ses promesses. Bonne nouvelle. Alors, réjouissons-nous de la fermeture de Fessenheim. Mais pourquoi attendre 2016, un an tout juste avant la prochaine présidentielle ? Pour permettre un éventuel retour en arrière ? Et on est encore loin de la sortie du nucléaire.

En ce qui concerne les renouvelables, un regret : l’absence d’annonce du retour à un prix d’achat incitatif du kilowatt heure solaire pour les particuliers. Et aucune annonce destinée à encourager la production d’énergie par les collectivités locales, seul moyen de réellement doper les EnR et d’entamer la conversion énergétique. Une consolation : deux grands plans pour relancer l’éolien off shore…  alors que le Grenelle n’en prévoyait qu’un.

Sur les gaz de schiste ou de roche mère, c’est aussi la déception qui se cache derrière l’effet d’annonce. Le refus d’autoriser 7 permis de forer est l’arbre qui cache la forêt des 39 autres permis à l’instruction qui recevront un avis favorable. L’interdiction de la fracture hydraulique, n’interdit pas les autres techniques, ni la poursuite de la recherche de nouveaux gisements. Pour les Collectifs, cette déclaration vise avant tout à désamorcer la mobilisation.

Au chapitre des avancées ? Le 43e engagement de campagne sera tenu. Un million de logements devraient bénéficier d’une isolation thermique. Le doublement du plafond du livret A financera les investissements nécessaires. Pour le reste, la future Banque Publique d’Investissement sera l’outil destiné à financer la réduction de notre empreinte carbone. Une Agence nationale de la biodiversité – qui figure dans le projet d’EELV – sera créée. Victoire ! On est content.

Au chapitre des oublis : pas un mot sur la pollution atmosphérique (malgré les alertes récentes de l’Institut de veille sanitaire sur la réduction de l’espérance de vie due à l’air que nous respirons en ville). Les niches fiscales anti-écolo (22 milliards d’euros) ne seront pas rabotées. Et l’objectif zéro artificialisation des sols est remis à 2025. Et bien sûr, comme le note lucidement le communiqué EELV à l’issue de la conférence : « les grands projets d’infrastructures néfastes à l’environnement comme aux finances de notre pays, comme le projet de nouvel aéroport à Notre-Dame des Landes » sont maintenus.

Une note d’espoir cependant : la Conférence environnementale se tiendra tous les ans. L’occasion de suivre les réelles avancées des mesures annoncées et de maintenir la pression pour une vraie transition écolo.

Mais en attendant, pour l’écologie, le changement c’est plus tard.

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