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Un bon écolo est-il un écolo soumis ?

Les écologistes sont des alliés encombrants. Surtout après les élections. Quand il s’agit d’apporter des voix, bien entendu, ils sont utiles. Après, il ne leur est demandé qu’une chose : qu’ils la ferme ! « Avec les écologistes, il faut serrer la vis tout de suite, sinon, ils deviennent ingérables ». C’est le conseil que le maire de Lyon vient de donner à son ami Premier ministre dans une interview au Parisien.

Gérard Collomb fait toutefois dans la nuance : il y a les bons et les mauvais écolos. Ceux avec lesquels il est possible de travailler et les « fantasmagoriques », comme le farfelu Philippe Meirieu qui avait osé se porter candidat aux législatives dans le Rhône. C’est clair, les écolos qui ne remettent pas en cause les décisions du parti majoritaire, y compris lorsqu’elles ne figurent pas dans les accords, sont réalistes donc fréquentables.

Cette sortie du maire de Lyon ne doit rien au hasard. Elle vient après les propos à peine plus nuancés tenus par Jean-Marc Ayrault. Dimanche dernier, dans le JDD, il avait prévenu : « les parlementaires écologistes devront voter favorablement au traité européen de stabilité, convergence et gouvernance (le TSCG) ». Tant pis si celui-ci est la copie conforme du traité « Merkozy » que toute la gauche avait combattu. Et tant pis si l’engagement de voter pour la ratification du TSCG ne figure dans aucun texte ni accord PS-EELV. « Quand une décision est prise, elle doit être respectée », précise le Premier ministre. Prise par qui ? Mais par Jean-Marc Ayrault bien sûr ! Drôle de conception du débat démocratique.

C’est dans ce contexte que le ministre du redressement productiviste, sort des clous et choisi la provocation. Pour Arnaud Montebourg, désormais : «  le nucléaire est une filière d’avenir », alors même que des pays comme l’Allemagne, l’Italie ou le Japon (certes contraint et forcé) viennent de décider d’en sortir.

Etrange déclaration, alors que la réduction de 75% à 50% de la production électrique nucléaire figure, elle, parmi les engagements pris par le président de la République et est inscrite noir sur blanc dans l’accord signé avec les écologistes. La décision, en l’occurrence, est belle et bien prise. Pourquoi la remettre en cause ? On attend que Collomb fasse la leçon à son camarade Montebourg.

Alors, les socialistes, dans un vieux réflexe hégémonique, cherchent-il déjà à se débarrasser de leur seul partenaire de la majorité ? Ou bien testent-ils simplement leur degré de soumission ?

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