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Perte du triple A ? Un alibi pour décréter l’austérité

« Vous ne pouvez pas imaginer la voracité de ces gens-là », disait Warren Buffet, le milliardaire américain qui a côtoyé les plus grandes fortunes du monde. Derrière les mines déconfites du président et de son premier ministre, après la perte du triple A, certains se frottent les mains – les bailleurs de fonds de l’UMP et les grandes fortunes. C’est vrai, pensent-ils, cette dégradation vient au plus mauvais moment, à quelques mois de la présidentielle. Mais c’est tout de même l’occasion de mettre en place une vraie politique d’austérité que personne ne pourra contester. L’occasion rêvée d’abaisser le coût du travail (c’est à dire de baisser les salaires) et de créer la TVA sociale – qui reporte sur les consommateurs une partie des charges sociales jusque-là payées par les employeurs. L’occasion aussi de diminuer les dépenses publiques : moins pour l’école, les crèches, les hôpitaux,  la protection de la nature, etc. Et d’augmenter encore les impôts de tous – sauf ceux des riches, à l’abri dans leurs niches fiscales et ceux des investisseurs, planqués dans leur paradis fiscaux. Et pourquoi pas aussi de supprimer une semaine de congés payés ?

Alors, faut-il avoir peur de la perte du triple A ? Oui, si ceux qui mettent en œuvre les mesures correctrices sont les mêmes que ceux qui nous ont mis dans cette situation. Car les mesures correctives seront pires que le mal. L’emploi, la protection sociale, la défense de l’environnement sont les variables d’ajustement aux exigences insensées de rentabilité – toujours plus ! – des actionnaires et spéculateurs. Notre pays investira moins car le coût du crédit sera plus élevé. Notre protection sociale va se dégrader et nos salaires diminuer car ils ne sont pas compétitifs avec ceux des chinois par exemple et cela nuit à nos exportation – dans la grande compétition du commerce international. Nos impôts vont augmenter au nom de l’indispensable effort de solidarité de tous. Et les plus démunis seront laissés pour compte, car l’assistanat c’est le « cancer de la France ». Quant à l’environnement on sait depuis un moment que « cela commence à bien faire » et nos industriels seront à nouveau autorisés à polluer sans limite au nom du principe selon lequel il faut lever les contraintes qui pèsent sur la liberté d’entreprendre. Bref, nous ne nous en sortirons pas tant que nous élirons des dirigeants soumis aux puissances de l’argent et aux spéculateurs. Mais comme le propose une partie de la gauche, « donner du sens à la rigueur » et se serrer la ceinture en attendant des jours meilleurs, ne réglera rien non plus.

Dans leur programme, les écologistes proposent toute une série de mesures. Notamment que les revenus supérieurs à 40 000 euros par mois supportent un taux marginal supérieur d’impôt sur le revenu de 80 %. Ils demandent un contrôle accru sur l’activité des banques dans le cadre d’une politique anti-spéculative. Mener un audit de la dette est également indispensable. Le citoyen doit connaître la part de l’endettement national consacré à l’investissement  et celle due à la spéculation, aux baisses d’impôts et aux cadeaux fiscaux aux plus riches. Les premiers doivent être honorés. Les citoyens n’ont pas à s’acquitter des autres. Il faut aussi mobiliser tous les efforts pour sauver la planète des périls environnementaux qui pèsent sur elle. Rien qu’en France, des centaines de milliers d’emplois peuvent être créés dans l’isolation des bâtiments, les transports collectifs, les énergies renouvelables, et le rétablissement d’une production alimentation saine… Pourtant que de temps perdus avec les plans d’austérité. Notre chance c’est que toute crise offre une opportunité de changement. Sachons la saisir !

 

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