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Face au terrorisme : état d’urgence sociale !

DrapeauFrançaisjpegNe laissons pas l’extrême-droite contaminer les esprits.

Malgré l’émotion légitime qu’elle suscite, l’horreur des attentats terroristes ne doit pas nous faire perdre la raison. C’est ce que veulent ces fanatiques, ennemis de la liberté : nous faire renoncer à ce qui est profondément nous-mêmes et nous constitue en tant que société démocratique et républicaine.

Défendre l’État de droit, ce n’est pas être « naïf » comme l’ont dit des députés de droite Les républicains (LR). C’est, au contraire, avoir confiance en nos valeurs et affirmer qu’elles sont supérieures à celles que la terreur djihadiste veut nous imposer.

Hélas, une partie de la droite, aiguillonnée par l’extrême-droite, file ce mauvais coton. Moins de liberté et un renforcement drastique de l’État d’urgence, c’est selon elle ce qui devrait permettre de lutter efficacement contre le terrorisme. Pourtant ni l’auteur du meurtre de deux policiers en région parisienne ni celui de la tuerie de Nice n’étaient fichés « S ». En outre, les caméras de « la ville la plus vidéosurveillée de France » n’ont été d’aucune utilité le 14 juillet.

L’extrême droite se réjouit par ailleurs sur les réseaux sociaux que les attentats soient « payants dans les urnes » pour le FN, comme l’a tweeté une militante. Cette droite nauséeuse aime le peuple quand il est soumis et marche au pas. Et pour cela, lui faire peur ne l’embarrasse pas. Il est regrettable que, pris dans la surenchère des primaires, certains membres de la droite LR lui emboitent le pas.

Ne pas renoncer à ce que nous sommes

Il existe un terreau favorable au passage à l’acte de la pulsion meurtrière. La dégradation des conditions de vie dans certains quartiers, la relégation socio-économique, la ségrégation urbaine et l’échec scolaire formatent l’idée que la violence est justifiée. Or, dans certains quartiers pauvres 80% de la population est de confession musulmane, observe Sébastien Roché, directeur de recherche au CNRS. Les terroristes qui ont agit en France en sont issus. La propagande djihadiste sur internet et l’instrumentalisation religieuse peuvent entrainer des gens sans perspectives ni avenir, esprits faibles et manipulables, à passer à l’acte. Ce qui se joue alors est la recherche de « grandeur », le sentiment « héroïque » ou simplement celui d’exister.

Plutôt que d’instrumentaliser la situation à des fins politiques, comme s’y livre minablement une partie de la droite, et plutôt que de renier encore un peu plus nos libertés, comme le propose le gouvernement et une partie du PS, décrétons « l’état d’urgence sociale » ! Cela commence par travailler les causes profondes de ces passages à l’acte, sans renoncer à ce que nous sommes, et investir dans l’éducation et la lutte contre la pauvreté, au lieu de sombrer dans la dérive sécuritaire.

De la même manière, on devrait repenser nos relations avec des pays comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite. On sait que ces pays ont financé et fournissent encore probablement des moyens aux groupes terroristes en Syrie, en Irak, au Yemen, en Lybie.… Pourtant nous acceptons les fonds du Qatar lorsqu’ils financent le football en France et nous ne nous indignons pas lorsque le Président de la République remet la légion d’honneur à un dignitaire saoudien afin de le séduire pour parvenir à lui vendre des armes.

Cet « état d’urgence sociale », la gauche et les écologistes doivent en être le moteur. Agissons, sans renoncer ni laisser l’extrême droite contaminer les esprits.