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Regrouper les 20 caisses des écoles parisiennes ? Une fausse bonne idée

cantinescolaire-034Les cantines scolaires à Paris gérées par un établissement public unique centralisé ?  C’est ce qu’a décidé le Conseil de Paris à la demande de la Maire de Paris. Objectifs : instaurer un principe d’égalité entre les vingt caisses des écoles, servir au moins 50 % de nourriture biologique, mettre en place une égalité de traitement des personnels des 20 caisses des écoles et instaurer une plus grande transparence en matière de gestion.

Je souscris à ces objectifs. Mais est-il nécessaire pour cela de recourir à un établissement public unique centralisé ?

La réponse est clairement non. Et je regrette que la majorité des élu-e-s du groupe écologiste auquel j’appartiens, redoutant de déplaire à la maire de Paris, ne l’ai pas compris. 

Cependant, inutile de caricaturer et méfions-nous des mauvais arguments. Dans une tribune publiée récemment, Florence Berthout, maire LR du 5e arrondissement, accuse à tort la Mairie de Paris de faire le beurre des sociétés industrielles, de réduire la qualité des repas servis dans les cantines scolaires et d’entrer en contradiction avec la sauvegarde du climat. Une conversion écologiste tardive qui ne trompe personne.

Car là n’est pas le propos. Si je suis opposé à cette réforme, je ne suis pas opposé au principe d’égalité qui la sous-tend. De plus, à mon initiative, le groupe écologiste au Conseil de Paris a fait inscrire dans les objectifs de la réforme : le non retour en arrière sur les acquis qualitatifs (on ne réduit pas le pourcentage de bio), l’interdiction d’acheter des denrées contenant des OGM et de l’huile de palme, ainsi que les poissons pêchés en eaux profondes, et la mise en place d’un audit des conditions d’abattage des animaux dans les abattoirs fournissant les viandes des cantines scolaires parisiennes. En dépit de ces avancées, c’est encore insuffisant.

Je regrette en effet que la Ville de Paris n’ait pas davantage recherché une façon d’atteindre ces louables objectifs sans abandonner la nécessaire gestion de proximité. Le principe de subsidiarité est cher aux écologistes.

En effet, la réactivité, l’écoute du terrain, une plus grande souplesse dans la gestion et le droit à l’expérimentation sont fondamentaux et souvent constitutifs de la qualité. Servir 91% d’ingrédients bio, la collecte des déchets alimentaires (pour en faire du méthane et du composte) ou la mise en place du repas végétarien par semaine n’auraient pas été possible dans le 2e arrondissement avec un système centralisé éloigné de la réalité du terrain, ni sans l’implication des élèves et de leurs parents d’élèves. C’est parce que les mères et pères d’élèves nous ont soumis leurs interrogations, au sein des nos commission de menus, et parce que nous les avons écouté-e-s et invité-e-s à partager les repas servis à leurs enfants que cette politique de qualité a pu se développer et s’ancrer dans les mœurs du 2e arrondissement.

Il y a beaucoup d’autres moyens de parvenir à l’égalité des caisses des écoles à Paris sans dégrader l’existant. Par exemple, imposer un statut unique municipal à tous les personnels des caisses des écoles. 

Il y a d’autres voies pour accroître la qualité des repas. Par exemple, instituer des incitations financières pour favoriser les caisses qui achètent le plus de produits bio.

Recentraliser les caisses des écoles, éloigne les élu-e-s locaux de la décision et fait courir le risque de créer un monstre bureaucratique.

Personnellement, je n’en veux pas.

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