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Les athées ont aussi besoin de rituels : il faut des maisons funéraires civiles dans les communes

Les athées sont mal traités. Se recueillir, rendre hommage au disparu lui dire au revoir. Rien de plus facile quand on est croyant. Les édifices cultuels (églises, synagogues, mosquées…) sont là pour ça. Mais pour le commun des mortels, athée, il n’y a pas de cérémonies d’obsèques civiles. Pas de maître de cérémonie. Pas de lieu. A Paris, 83% des personnes qui décèdent sont inhumées ou subissent une crémation, sans rite civil. Pourtant, le rituel de l’adieu à un proche est aussi indispensable à l’athée qu’au croyant car il permet de commencer le travail de deuil.

Pour ceux qui choisissent d’être réduit en cendres, une cérémonie est parfois improvisée au crématorium. Mais il n’existe aucun lieu où se réunissent les proches avant l’inhumation. L’hommage public au disparu se déroule dans les courants d’air d’un cimetière. Combien de fois ai-je du écarquiller les oreilles pour entendre les paroles emportées par le vent, prononcées via une sono de fortune, plantée au milieu d’une allée bordant des tombes ? Dans le froid ou sous la pluie, familles et amis, debout, se pressent, veillant à ne pas piétiner les sépultures alentour. C’est tout simplement indigne.

Les personnes ne souhaitant pas intégrer d’aspect religieux lors d’obsèques sont plus nombreuses qu’on ne croit. Les athées sont à Paris, comme dans le monde, plus nombreux que les croyants. Pourtant, beaucoup de familles, bien qu’ayant perdu un proche ayant vécu dans l’athéisme, optent, souvent par défaut, pour une cérémonie religieuse. Or le respect des dernières volontés d’un athée est aussi fondamental que celles d’un croyant.

L’état civil relève des responsabilités des municipalités. A l’instar des mairies qui disposent d’une salle pour y célébrer mariages civils ou baptêmes républicains, de manière entièrement gratuite, la ville devrait mettre à la disposition des athées un lieu décent où les derniers hommages leur seraient rendus.

Les rares lieux existants où une cérémonie civile peut s’accomplir sont payants puisqu’ils font partie du « circuit » des entreprises de pompes funèbres privées. Une maison funéraire commune, publique, civile et gratuite doit donc être créée à Paris. Avec un rite laïque et un maître de cérémonie pour se recueillir, rendre hommage au disparu en présence de son cercueil. Une maison pour dire au revoir, pour évoquer, ensemble, le souvenir du défunt, pour se retrouver et commencer le travail de deuil.

Toute les communes devraient disposer d’un tel lieu. A Paris, un espace parfaitement adapté est disponible. Nous proposons de créer une maison funéraire civile dans une petite partie des immenses bâtiments de la Poste centrale du Louvre, dans le 1er arrondissement, dont les locaux viennent d’être libérés et pour lesquels un projet est à l’étude. (On envisage, devinez quoi ? Un centre commercial, bien sûr !). Ces locaux abandonnés en partie, appartiennent à un service public d’Etat. Ils doivent conserver leur vocation de service public et répondre à un besoin important non pourvu.

L’observation de la liberté de conscience relève du devoir des autorités publiques. La laïcité désigne très exactement la séparation du civil et du religieux. Pour que l’athéisme soit respecté, pour que les non-croyants respectent les croyants (et réciproquement), pour que religion cohabite avec athéisme et que l’un ne s’oppose pas à l’autre, une égalité de traitement est nécessaire.

 

 

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