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Un président écologiste pour l’Autriche !

imagesUn écologiste s’est dressé contre l’extrême-droite. Ce 23 mai, jour historique, est à marquer d’une pierre… verte. Alexander van der Bellen, économiste, fils d’immigrés, est parvenu de justesse à imposer sa vision multiculturelle et à battre le candidat d’extrême droite. Il rejoindra, sur le banc des leaders écologistes européens, le chef de l’exécutif de Lettonie. Cette performance relève de l’exploit. En effet, aucun autre parti autrichien n’a appelé à voter pour le candidat écologiste et à faire front républicain. Par ailleurs, le nombre de manifestants contre Norbert Höfer, son adversaire du FPÖ a représenté une quantité négligeable durant l’entre-deux-tours.

Cette victoire ne doit pas masquer une vérité pénible : la propagation des populismes dans le paysage européen. Il suffit de considérer les scores du Front National depuis 2012, la percée du parti allemand AfD aux élections régionales de mars, l’entrée de l’Aube dorée au parlement grec en septembre 2015. Il suffit de regarder chez les Hongrois, voisins de l’Autriche, la façon dont Viktor Orban s’est transformé en modèle pour tous ses voisins populistes… et ce jour où Norbert Höfer, candidat du FPÖ, a failli accéder à la présidence de l’Autriche à quelques milliers de voix près.

Solidarité contre compétitivité

Les autres partis politiques et l’Europe doivent prendre leurs responsabilités. Partout, les fronts républicains ont échoué à empêcher la propagation du populisme. Les partis traditionnels eux-mêmes ont repris les thèmes chers aux partis d’extrême-droite et donné de la crédibilité à leurs thèses. Leurs politiques économiques se ressemblent.

Enfin, lorsque l’extrême-droite participe au pouvoir, les électeurs ne s’en accommodent. L’exemple autrichien en représente un exemple criant. En France, les villes frontistes pratiquent des politiques discriminatoires, verrouillent les subventions aux associations, refusent de commémorer l’esclavage… Loin d’éroder la popularité du Front National, elles l’ancrent. Un écologiste a gagné, mais il aurait pu perdre. Ce résultat aurait été catastrophique pour l’Europe en ces temps d’euroscepticisme. Mais comment se réjouir d’une Autriche où l’extrême droite frôle les 50% ?

Ce scrutin a révélé, une fois de plus, la responsabilité et l’urgence de porter des alternatives crédibles et inclusives, de proposer des solutions économiques revitalisantes contre l’austérité, de promouvoir de nouveaux espaces permettant à la démocratie de s’exprimer et d’accueillir favorablement l’expression citoyenne.

Sortir du discours de la compétitivité et parler solidarité nous permettra de relever ce défi.

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