Après la sidération, défendre nos droits, nos libertés, nos valeurs

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imagesLe sentiment d’horreur ne dispense pas de tenter de comprendre les causes du massacre du 13 novembre. Ni de s’interroger sur l’efficacité des mesures de restriction de libertés, comme l’interdiction de manifester lors de la COP21 ou les assignations à résidence sans décision de justice. L’unité nationale ce n’est pas le consensus sécuritaire univoque !

Les massacres à l’arme de guerre et les kamikazes, en plein cœur de Paris, nous ont glacé d’effroi. Je n’aurais jamais imaginé qu’une telle horreur puisse se dérouler en plein Paris, dans mon quartier d’enfance, dans les lieux que je fréquente. Le bilan est lourd. Très lourd. Cent trente personnes sont mortes plus de trois cents cinquante sont blessées. Et c’est d’abord à ces victimes, à leurs proches, que je pense avec émotion, tristesse et colère : toutes ces vies gâchées, brisées, mutilées.

Ces actes criminels et barbares en visant, dans ces quartiers populaires, une population jeune et d’origines multiples s’attaquent à ce que nous avons de plus cher : le vivre ensemble, la liberté, la tolérance, l’égalité.

C’est la culture – le rock musique subversive et inventive – qui est visée. C’est l’esprit de la fête, du bien vivre avec ses bars, ses restaurants et ses rencontres près du canal, cette culture du partage, de l’ouverture, de la mixité, de la convivialité que l’on cherche à abattre. Et c’est surtout diviser la population que l’on cherche entre athées et croyants, entre catholiques, juifs et musulmans.

Ne tombons pas dans le piège de ces fanatiques religieux. Restons unis dans notre diversité. Précisément parce ce que le but des terroristes c’est susciter la haine et la division.

 

Nous protéger sans rogner sur nos libertés

Nous protéger et nous défendre est bien entendu indispensable. Mais ne tombons pas dans le piège qui voudrait que l’on renie nos libertés au prétexte de plus de sécurité. Notre démocratie est fragile, ne l’abîmons pas. Ne cédons rien, ni sur nos valeurs, ni sur notre liberté, ni sur nos droits. Céder du terrain c’est donner raison aux terroristes, ennemis de la liberté.

Comme le proposait le premier ministre danois après les attentats d’Oslo, répondons par plus de liberté, de tolérance, de démocratie, d’ouverture. Refusons la société de la peur et du contrôle permanent, de la stigmatisation et de la recherche de boucs émissaires.

La décision de prolongation de l’état d’urgence est inquiétant car nous sommes en train de passer d’un état d’urgence temporaire à un état d’exception permanent. L’unité nationale ne peut être un consensus sécuritaire univoque qui consiste à valider des idées combattues hier comme la surveillance de masse ou la mise en résidence surveillée ou le bracelet électronique sur simple décision administrative sans que la justice soit saisie.

L’abstention des Parlementaires EELV sur ce texte aurait marqué à la fois un souci de compréhension vis-a-vis de la nécessité de rassurer la population, tout en affirmant notre opposition à sa durée (trois mois) et notre doute sur l’efficacité réelle d’une telle mesure restrictive des libertés.

 

Addiction pétrolière et financement du terrorisme

Toute restriction au droit de manifester et de lutter pour des alternatives porte atteinte aux droits fondamentaux. A l’occasion de la COP21, les mobilisations citoyennes avec les ONG et les associations doivent pouvoir se tenir. La population doit pouvoir descendre dans la rue et se faire entendre afin de peser sur les décisions des chefs d’État.

La mobilisation citoyenne est doublement nécessaire. D’abord parce qu’on est dans une situation d’urgence climatique. Le réchauffement du climat impacte l’environnement, avec des conséquences géopolitiques. Parmi les causes de la dislocation des sociétés du sud, les sécheresses à répétition, les mauvaises récoltes, l’épuisement des sols portent une lourde responsabilité.

Mais aussi parce que notre addiction au pétrole finance indirectement Daesh. Réduire la place des hydrocarbures, développer, grâce aux énergies renouvelables, l’autonomie énergétique, contribuent à assécher la manne qui finance le terrorisme islamique.

 

Des moyens pour le mieux vivre ensemble

Les causes du désastre sont multiples : la prédation accrue sur les ressources naturelles des anciens pays colonisés, une politique étrangère désastreuse de l’occident depuis l’intervention de l’armée américaine en Irak basée sur un mensonge, l’incapacité de la communauté internationale à faire respecter via l’ONU, les décisions sur le conflit en Palestine-Israël, la complaisance vis à vis des monarchies pétrolières…

Ces quarante dernières années sont truffées d’erreurs qui ont contribué à radicaliser le Moyen-Orient et attisé la rancœur des populations, ici même dans nos quartiers où des esprits faibles et désœuvrés sont manipulés par des fanatiques religieux. La rancœur et les frustrations accumulées aggravent le sentiment d’injustice et fait le terreau des fondamentalistes. Pour assécher le marigot du djiadisme il faut sortir du pétrole et de l’extractivisme, repenser notre politique vis à vis du Moyen-Orient, donner des moyens supplémentaires à l’éducation, à la lutte contre les ghettos et les discriminations.

Ce n’est surement pas en restreignant les libertés que l’on résoudra le problème du terrorisme.

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